Danse et improvisation

Iwashita Toru
Une petite salle dans la banlieue de Tokyo: une contrebasse, un bandonéon et l’improvisation de deux danseurs autour de la musique de Piazolla.
Le premier danseur me fait penser à un grand lévrier afghan qui viendrait de perdre ses poils. Ses yeux, la pose de ses gestes dans l’air baignent dans une intense mer de tristesse romantique.
Iwashita Toru, le danseur invité ce soir m’intéresse davantage. Il invente un corps violent, à la limite de la rupture. On sent un projet pour l’espace dans la contraction et la détente de ses muscles. Entre deux figures il quitte l’ordinaire de la douleur en chutant à répétition, en confrontant les murs de plein fouet.
La danse écrite a tout le loisir d’élaborer un langage -- en piochant au besoin dans un inventaire inépuisable. Si les deux formes reposent sur le même socle leurs voies divergent très vite.
Je suppose qu’une improvisation réussie dépend avant tout de la rencontre heureuse entre le style du danseur et les goûts de celui qui le regarde. C’est peut-être cette proximité qui à mes yeux limite quelque peu l’attrait de la danse improvisée.
Jusqu’au moment où je croiserai le/la danseur(euse) dont le style d’improvisation me séduira…
Pour la danse écrite mon choix est fait:
Jiri Kylian « Sleepless » first pas-de-deux













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