Le Gévaudan

On y sert le plat national français – du couscous – deux cocktails brésiliens bien chargés, un mauvais vin et l’équipe de france jaunie, punaisée sur les lattes d’un bois peint puis verni par des décennies de fumée. Les pilliers de comptoirs locaux ont des gueules de professionnels; leur globes occulaires sont de petites fontaines à bières bienveillantes envers la jeunesse qui afflue. C’est qu’on est jeudi, le soir du concert.

Un à un les musiciens sont venus se sertir dans ce presque cagibi qui est leur coin au fond. A la table à côté un jeune motard et son amie ont des visages de félins inquiets. Le « plus grand percusionniste Brésilien sur Paris » ne quitte pas sa casquette blanche et son âge au sourire amusé. Un habitué dont le regard triste fixe la jeunesse est venu s’assoir au centre de la salle. En première ligne les hanches des jeunes brésiliennes se sont immédiatements arrimées au rythmes de la musique. Ceux qui ne dansent pas épuisent leurs chaises. Les pilliers confortablement assis au fond de leur verre, devisent, debouts au comptoir. L’un d’eux ayant une bonne fois pour toutes interverti sang et alcool harponne méthodiquement tout ce qui est précédé de seins ou suivi de fesses au gré de sa perspicacité mobile. Des nonnes passent sur le trottoir en face; par chance elles sont bien au delà de son champ de perception. Alors que la musique emporte toute la salle un costume bleu ciel se fraye un chemin vers le bout du comptoir. Des voisins mécontents… le patron en est quitte pour un avertissement. Notre harponneur s’étale dans la rue.

Le Gévaudan – 3 rue de la Tombe Issoire Paris 14e – M° St Jacques

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Cette altitude (toits de Paris)

Introduction to Indian Music + SEL + MAUS

« La dure réalité de la fiction » ©R.Devos

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